" (...) Souvenez-vous de toutes ces femmes que vous avez connues, leur peau, leur odeur. Rappelez-vous, ces femmes que vous avez voulu posséder et qui vous ont échappé, comme vous les avez rêvées. Et puis, il y a eu celles que vous avez désirées en les allongeant dans votre lit avec un sentiment de contentement et de déception mélangés. Avec Olivia, ce fut différent. Je ne l’avais pas désirée, ne l’avais pas rêvée, nous nous trouvâmes simplement, en même temps, dans un endroit isolé, loin de notre vie, hors de nos habitudes. Alors, si vous le voulez bien, effaçons le cadre enchanteur qui rendait notre rencontre idyllique. Repartons dans la réalité et observons les enjeux qui se mettent en place alors que notre histoire commence à peine à respirer. (...)
*
" (...) J’aimais m’endormir et m’éveiller dans la chaleur de son corps, prendre le petit déjeuner au lit, lire le journal à deux et tant d’autres choses de la vie quotidienne. Ce qui me plaisait le plus, c’était d’avoir trouvé un port d’attache, de ne plus dériver au gré des rencontres sans lendemain. Je trouvais ce sentiment rassurant et apaisant. Caresser, pendant des semaines, le même corps ne me fatiguait pas. Je m’étonnais chaque jour d’éprouver ce genre de sentiment de non-lassitude et d’engagement. J’avais changé très vite, mon idéal n’était plus le même. J’aimais les paysages de son corps, je les connaissais par cœur, je m’y reposais, je m’y ressourçais. (...) "
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" (...) J’aurais pu lui parler d’Olivia, elle m’aurait prêté une oreille attentive. Étonnamment, je n’en ressentais pas le besoin, tout comme je ne voulais rien connaître de sa vie. J’appréciais notre rencontre, c’était un moment simple et vrai. Elle parlait, je l’écoutais. Je parlais, elle m’écoutait. Discussion légère sur le cinéma espagnol, sourires partagés, le temps s’écoulait gentiment. Après une heure de conversation à bâtons rompus, elle me prit par le bras pour m’entraîner sur la piste. Le seul slow de la soirée passait, elle ne voulait pas le manquer. Je me sentais gauche, empotée, n’osant pas trop la serrer de peur qu’elle ne s’imagine que la nuit pouvait être à nous.
— Détends-toi, me murmura-t-elle à l’oreille, j’ai compris qu’il n’y aurait rien d’autre que des mots et cette danse. Tu es amoureuse ?
— Oui.
— Et elle, elle est amoureuse de toi ? (...) "