" (…) Michèle Dewilde. Mon ventre se contracte. Après le choc de la rencontre, sur la péniche, j’avais réussi à repousser son image au fond de mon esprit, j’avais réussi à me saouler d’autres sensations, aidée en cela par le punch aussi, à sortir de moi-même, chahuter ma timidité pour aller de l’avant, jusque dans le lit d’une inconnue. Me suis-je servie d’Émilie ? Me suis-je jetée sur elle pour étouffer le tumulte que je sentais poindre en moi ? (…)"
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"(…) Au moment de lui faire la bise, je marque un temps d’arrêt, à quelques centimètres de son visage. Un instant d’hésitation qui modifie la donne. Une arrière-pensée qui s’affiche. Je lis dans ses yeux une certitude.
Je pose ma bouche sur la sienne presque sans m’en rendre compte. C’est une sensation délicieuse, illicite mais tellement naturelle, un réconfort, comme se retrouver chez soi après un long voyage. Elle ouvre ses lèvres sous la pression des miennes et nous nous embrassons doucement. Nous n’avons rien à apprendre. Nous nous connaissons par cœur. Ce baiser se prolonge car je me découvre affamée de sa bouche. Elle ne me repousse pas. (…)
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" (…) Mon cœur balance entre deux femmes. Je n’ai pas la force, ni le courage de choisir. Le soir je m’endors en me traitant de tous les noms. Est-ce que j’aime réellement deux personnes à la fois ? N’y en a-t-il pas une qui me fait vibrer plus que l’autre ? Si je décidais de suivre les conseils sarcastiques de Thomas, je tracerais deux colonnes sur une feuille de papier, avec d’un côté les points positifs et de l’autre les points négatifs pour chacune de ces relations. (…) ".